Dans le cadre de la 10ème édition des Assises du Journalisme, s'étant déroulée les 15, 16 et 17 mars 2017, deux étudiants de l’école HEJ Montpellier - Léo Fichou et Jérémie Léger - se sont rendus à Tours afin d’assister aux différents ateliers, débats et soirées autour des grands thèmes de l’actualité. Ils reviennent aujourd'hui sur le déroulement de leur séjour.

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Un tour aux assises

HEJ : Que représentent les assises du journalisme à vos yeux ?

Léo Fichou : Une grande opportunité pour les étudiants comme nous. Les Assises rassemblent des dizaines voire des centaines de professionnels du métier, que ce soient des communicants ou des journalistes qui sont plus expérimentés que nous. Ça ne peut nous apporter que des bonnes choses.

Jérémie Leger : Quelque chose d’incontournable pour les étudiants puisque c’est l’occasion de rencontrer toutes ces personnalités qui font le journalisme. Mais c’est aussi pouvoir s’interroger avec des professionnels et des étudiants, sur les enjeux de notre futur métier. Assister à cet événement est un excellent moyen d’appréhender le monde du travail ainsi que de s’enrichir personnellement face à notre future vie professionnelle. C’était une expérience très enrichissante que je pense renouveler.

HEJ : Comment s’est déroulé votre voyage ?

Jérémie Leger : Au départ, c’était l’initiative d’une de nos intervenantes à l’école. Elle avait proposé qu’on parte en groupe - tous ceux ayant envie d’être du voyage - et nous étions tous deux très motivés. À terme, tout le monde a laissé le projet de côté, même l’intervenante, pour diverses raisons. Nous voulions nous y rendre quand même donc on s’est organisés le jour pour le lendemain. On a pris nos billets de train la veille, j’avais de la famille sur place donc on a pu être hébergés sans souci. On s’y est donc rendus par pure motivation et tout s’est plutôt bien passé.

Léo Fichou : C’est l’amont du voyage qui a été plus compliqué que le voyage en lui-même ! On était très motivés, dès qu’on nous en a parlé on s’est dit qu’il fallait s’y rendre au moins une fois en étant étudiant. C’est notre dernière année donc c’était le moment propice. Au fur et à mesure les étudiants se sont désistés donc la veille du départ on a décidé de prendre nos billets de train.

HEJ : À quels événements avez-vous assisté ?

Léo Fichou : On a été présents sur deux jours, le jeudi et le vendredi. On a pu assister à des débats, des conférences, des remises de prix... La thématique principale était « Que sera le journalisme dans 10 ans / S’informer dans 10 ans ». Cette-dernière nous touchait particulièrement puisque dans dix ans nous allons être au coeur de notre carrière de journaliste. Donc que seront la presse écrite, le journalisme télé, la radio ? Qu’est-ce-qu’il y aura de nouveau ? Les journalistes professionnels donnaient leurs avis en nous faisant aussi intervenir dans les débats.

Jérémie Leger : C’était une session questions-réponses avec les personnes assistant à la conférence. En terme de parole, les journalistes et les étudiants étaient sur un pied d’égalité. En ce qui concerne notre organisation à proprement parler, comme il y avait beaucoup de choses et que tout était très intéressant, il a donc fallu faire des choix. Selon nos besoins, nos affinités et les questions qu’on se posait, nous avons choisi d’assister à tel ou tel événement, que ce soit ensemble ou séparément. On s’est enrichi à notre façon.

Léo Fichou : On n’avait vraiment pas envie de partir, il y avait toujours un débat ou quelque chose d’intéressant. Je pense y retourner.

Jérémy Leger : On pensait trouver, même si c’est très intéressant, la journée longue. Mais ça n’a pas du tout été le cas, on en demandait encore, on ne voulait pas rentrer. Ça a été une révélation. Je savais que cela m’intéresserait mais je ne m’attendais pas à ça. J’en redemandais et j’y retournerai dans les années à venir.

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HEJ : Quels sont les événements que vous avez préférés ?

Jérémie Leger : D’un point de vue personnel, l’événement était d’autant plus enrichissant puisque j’ai pu assister au module que je recherchais, qui m’a permis de m’offrir des opportunités professionnelles inespérées. Il y avait un atelier dont la thématique était «créez votre média». C’était un workshop s’adressant aux jeunes auto-entrepreneurs journalistes ayant des idées innovantes et souhaitant défendre leurs projets. Il s’avère que c’est mon cas, j’ai lancé un média avec des associés. Ce workshop m’a donc permis d’obtenir un « ticket d’entrée » vers un concours organisé par les animateurs de l’atelier - le média StreetPress - qui, dans leur structure a également un incubateur : MediaMaker.

Depuis deux ans, cet incubateur lance un concours de projets innovants. Les porteurs de projets doivent présenter leur média et si celui-ci répond à leurs critères et est sélectionné, cela permet d’intégrer l’incubateur et à terme de débloquer des financements. À l’heure où je parle les élections ne sont pas encore faites mais j’espère beaucoup.

Toujours est-il que d’assister à ce workshop m’a ouvert l’esprit : pouvoir me dire qu’il y avait des possibilités ainsi que de savoir ce qu’ils attendaient, donc mieux appréhender l’exercice. À terme j’espère être sélectionné. Avant d’arriver aux Assises je ne pensais pas qu’une telle opportunité s’offrirait à moi, ça a été la plus belle chose que j’ai vécu là-bas.

Léo Fichou : Pour ma part il y en a eu plusieurs, mais un événement que j’ai vraiment apprécié a été lorsque les rédacteurs en chef de plusieurs médias - L’Équipe, France Info, BFM et d’autres - sont venus échanger avec les étudiants. Échanges uniquement entre étudiants et journalistes pour nous apprendre comment postuler, ce qu’ils attendent des jeunes étudiants... En tant qu’étudiant on se pose de nombreuses questions : que faut-il faire ? Quelle-est la meilleure démarche pour postuler quelque part ?

Ensuite, je ne suis pas un grand fan de journalisme politique et il y a eu un débat où des journalistes écrivains venaient nous présenter leurs livres et parler de politiques étrangères et j’ai adoré.

Grâce à eux, j’ai appris des choses, ils ont suscité en moi un intérêt que je n’avais pas jusque là, que ce soit sur les différentes guerres qu’il y a dans le monde, les conflits entre les pays... J’étais focalisé sur le sport et je n’ouvrais pas les yeux sur autre chose, ils m’ont ouvert l’esprit sur différents sujets.

HEJ : Les Assises vous ont-elles permis d’avoir une autre vision du métier de journaliste ?

Jérémie Leger : Une autre vision je ne sais pas, une vision plus compète sans doute. Lorsqu’on est étudiant en journalisme je pense qu’on aime ce métier donc on s’y intéresse un minimum et on sait comment il fonctionne, même si on ne cesse jamais vraiment d’apprendre. Les Assises permettent d’apprendre de nouvelles choses, de se poser des questions qu’on ne se posait pas forcément avant de venir.

C’est vrai que se projeter dans dix ans, ce n’est pas la question qu’on se pose en premier lieu et pourtant on se rend compte qu’elle est primordiale puisqu’elle va nous permettre de tirer notre épingle du jeu.

Léo Fichou : La vision du journalisme d’aujourd’hui non, mais la celle du journalisme dans dix ans oui. On ne se posait pas la question de ce qu’on ferait dans dix ans quand on serait dans le métier : est-ce qu’il y aura des choses à changer ? Et pouvoir échanger avec des professionnels qui eux, sont dans l’obligation de se poser ces questions, nous permet de se demander ce qu’il va falloir qu’on écrive, comment doit-on écrire et qu’est-ce qui va nous aider à changer ? J’ai donc une autre vision du métier de journaliste dans dix ans.

Jérémie Leger : Je pense aussi qu’on n’a pas forcément conscience de la relation avec les professionnels. À l’école on fait du travail de terrain, on est amenés à rencontrer des professionnels car nos intervenants sont des professionnels. Mais pouvoir échanger avec des journalistes, parfois prestigieux, très connus, peut nous permettre de vivre des choses intéressantes. On est vraiment considérés comme leurs égaux et c’est valorisant. Tous ceux avec lesquels j’ai échangés étaient ouverts à la discussion, curieux de savoir ce que je faisais. L’ouverture des personnes et les dialogues, c’était vraiment intéressant.

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HEJ : Lors d’un sondage, 55% des français estiment que la diversité des origines dans les rédactions de journalistes n’est pas suffisamment représentée, qu’en pensez-vous ?

Jérémie Leger : C’est une bonne question, que l’on ne s’est pas forcément posée. Effectivement la diversité n’est pas très représentée. Après, cela peut paraître anecdotique mais concernant les Assises en elles-mêmes il y avait énormément de journalistes étrangers, des Canadiens, des Suisses, des Syriens...

Léo Fichou : Je suis assez d’accord mais je pense que ça n’a pas d’impact sur l’information que le média traite. Ce n’est pas un critère essentiel à mes yeux.

Jérémie Leger : Je ne souhaite pas entrer dans un débat politique mais je pense que c’est une question qui se pose pour tout. La diversité compte d’un point de vue éthique et moral mais je pense - surtout dans le journalisme - que c’est la compétence qui compte et non pas l’origine.

Produire une information de qualité

HEJ : Comptez-vous écrire un article sur les Assises ?

Léo Fichou : Au départ on souhaitait écrire un article, raconter ce qu’il c’était passé. Mais les Assises ont été relatées ailleurs, et ce n’était pas notre but principal en allant là-bas.

Jérémie Leger : L’opportunité ne s’est pas présentée et maintenant c’est un peu dépassé. Beaucoup de choses ont été produites le lendemain donc il n’y a plus grand chose à apporter en terme de valeur ajoutée.

HEJ : Que retenez-vous de ce séjour ?

Léo Fichou : Le métier de journaliste n’est pas mort. C’est en rencontrant des personnes d’expériences que l’on fait vivre ce métier et c’est un beau métier.

Jérémie Leger : C’est en allant à des événements comme celui-ci qu’on se rend compte à quel point le métier est beau. Les personnes aiment leur métier et ça se ressent dans les discussions, parfois houleuses, les personnes défendent leurs visions - qui sont multiples - mais c’est un métier de passion.

C’est à nous de porter le renouveau en redorant le blason de journaliste. On a envie de montrer que c’est un beau métier.

Leo Fichou : Nous n’avons pas envie d’être assimilés aux journalistes qui sont décriés. On entend beaucoup à la télévision que le métier de journaliste est le plus détesté et nous sommes les nouveaux, on a donc envie que cela change. On a tous quelque chose à apporter.

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HEJ : Pourquoi avoir choisi des études de Journalisme ?

Léo Fichou : C’est le métier que j’ai toujours rêvé de faire depuis petit. J’ai grandi avec mes grands-parents lisant le Midi-Libre et je me disais que j’aimerais que mon nom y apparaisse. À l’école primaire déjà j’écrivais sur un petit journal de l’école. Depuis petit j’ai envie d’écrire, d’informer et de raconter une histoire.

Jérémie Leger : J’ai toujours aimé écrire, après j’ai appréhendé le métier de manière différente, c’est-à-dire que j’ai aimé le métier en le pratiquant. Lorsque j’étais au collège, j’ai toujours été consommateur de l’information et par motivation, chance et opportunité j’ai pu devenir créateur d’information et j’y ai pris goût. J’ai trouvé ma motivation. Quand j’écris, je pense qu’il y a dix ans, je recherchais l’information et aujourd’hui c’est moi qui la produit.

HEJ : Comment avez-vous connu HEJ ?

Léo Fichou : Sur un salon étudiant. En terminale j’étais à la recherche d’un cursus dans le journalisme, j’ai donc postulé à HEJ.

Jérémie Leger : Peu avant le bac j’ai cherché des écoles dans le sud, et j’ai trouvé HEJ, le côté filière polyvalente mis en avant et le web - puisque c’est un diplôme d’e-journalisme - m’ont attiré. Je me suis renseigné et je me suis aperçu que c’était un métier avec peu de débouchés, j’ai donc voulu faire autre chose avant. J’ai décidé d’aller à la fac afin d’avoir un bagage, un plus pour ma vie professionnelle.

À la fin de ma licence j’ai intégré l’école. Trois ans après, la polyvalence et le web étaient toujours mis en avant, j’ai donc pensé que la formation allait me correspondre. Je savais déjà que je souhaitais travailler sur le web donc ça a été décisif dans mon choix pour HEJ.

Léo Fichou : À HEJ on a pu toucher à la presse écrite, la radio et la télévision. On a eu du matériel pour faire des reportages, on a un studio radio, et on a tout ce qui est nécessaire pour écrire sur le web. On a donc pu acquérir des compétences dans tous les domaines du journalisme.

HEJ : Dans quel secteur désirez-vous travailler plus tard ?

Léo Fichou : Je n’ai pas envie de me mettre de barrière. J’ai envie d’être dans le sport mais je suis ouvert à tout. Parler, raconter, écrire, tout est intéressant.

Jérémie Leger : On nous apprend à écrire sur tout, mais je pense qu’il faut savoir cibler. Pour ma part je souhaite être journaliste musique, dans l’idéal pour mon propre média qui se développe actuellement. Je pense qu’on est plus intéressant et pertinent lorsque l’on écrit sur ce que l’on aime.

HEJ : Quel-est votre meilleur souvenir de l’année ?

Léo Fichou : Ce n’est pas facile. Chaque semaine nous avions des intervenants, des journalistes de tous médias qui venaient nous rencontrer. Il y a aussi eu un projet : la création d’un livre d’enquêtes. On avait fait un dossier de presse, des recherches et affiché les 96 pages de notre livre dans notre salle. On était une trentaine, c’était réellement une ambiance de rédaction. On est allés jusqu’à l’écriture,on n’a pas sorti le livre mais c’était quand même une expérience et un bon souvenir.

Jérémie Leger : Les workshops et plus particulièrement le workshop télé car on faisait du terrain et nous avions une certaine liberté dans notre expression, dans notre rédaction et dans notre organisation. On n’était pas cantonnés au scolaire, au bureau, on a envie de sortir et d’aller sur le terrain. On faisait des conférences de rédaction, on ne choisissait pas notre groupe de travail donc il fallait s’adapter aux personnes, j’avais vraiment le sentiment de travailler dans une rédaction.

C’était réellement une aide afin de mettre un pied dans le milieu professionnel. À la fin du workshop on est toujours heureux.

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Pour travailler avec nos journalistes :

  • Jérémie LEGER : jeremie.a.leger@gmail.com
  • Léo FICHOU : leo.1996@hotmail.fr

Crédit Photo : Martin Esposito